Histoire



Les Hollandais à Chalonnes



La Compagnie Hollandaise des Indes orientales fut du XVI° au XVIII°siècle un gros client du port des Ponts de Cé, où étaient chargés les vins de la région et surtout pour les vins de Quinte dont les vignes entouraient tout le sud d’Angers. Le siège du bureau des armateurs Hollandais était situé près de l’ancienne gendarmerie, à côté de l’actuelle Mairie. Ce siège portait le nom d’ « Embargo ».

A la suite de tarifs trop élevés, les Hollandais prirent pour ports d’attache à Chalonnes, le port Chailloux, et la Pipe (nom des grandes barriques d’autrefois) à l’embouchure du Layon. Ils venaient chercher des vins des coteaux du Layon, propriétés des moines de Saint Serge et des Dames du Ronceray d’Angers. Ces acheteurs ne choisissaient que les vins de qualité supérieure qu’ils envoyaient aux Indes orientales et à Java, c’est pourquoi ils étaient appelés « vins pour la Hollande », le reste ne portait que l’étiquette de « vins de Paris », acheminé par la Loire, la Mayenne et la Sarthe, aux différents négociants. Ces vins étaient livrés dans de grands fûts appelés « Pipe », dont la contenance, variable selon les régions, équivalait à environ deux barriques. Les Hollandais, trouvant ces Pipes trop importantes pour leur transport par bateaux, les transvasaient dans des barriques qu’ils apportaient avec eux. A la suite de cela, nos vignerons se mirent à livrer leur vin dans des barriques. Ces « Hollandais » (appellation qui regroupe des Frisons, Flamands, zélandais, Hollandais), étaient de redoutables commerçants, en particulier pour tout ce qui touche au vin. Ils ne se contentaient pas d’exporter les vins à partir des ports, ils s’établissaient au sein même des terroirs viticoles, monopolisant la production, le traitement, la conservation et la vente. Ils avancèrent même des capitaux aux viticulteurs locaux en échange de la totalité de leurs vendanges. Ils s’intéressèrent aussi aux « petits vins » qu’ils distillaient pour en faire de l’eau de vie, et de ce fait, incitèrent les paysans a planter plus de vignes. En Anjou, ils confortèrent leur réussite par la création de comptoirs au Thoureil, aux Ponts de Cé et à Chalonnes où ils redistribuaient également des produits nordiques (hareng, tissus, fromage, bois, fer, etc.) et exotiques.

La sollicitude des Hollandais pour nos vins du Val de Loire, provenait du fait que dans les vignobles aux alentours d’Angers et de Tours, on y cultivait un vieux cépage, l’excellent pineau de Loire, plus connu aujourd’hui sous le nom de chenin blanc, dont on tire un vin très doux si les automnes sont ensoleillés, et qui vieilli fort bien. On n’exportait par la Loire que les vins d’Anjou et de Touraine qui en valaient vraiment la peine car, à la limite de la Bretagne, le petit port vinicole d’Ingrandes prélevait de lourdes taxes. En bons commerçants, les Hollandais choisirent des vignobles implantés au sud d’Ingrandes pour la production en masse d’un vin bon marché. C’est ainsi qu’ils encouragèrent le muscadet et le gros plant, dont les qualités répondaient à leurs objectifs.

Les bateaux Hollandais : la Flûte
Le port Saint Vincent de Chalonnes, portait autrefois le nom de « La Flûte », en souvenir des bateaux Hollandais qui innovèrent en matière de construction navale. Ils conçurent un navire léger, désarmé mais maniable et surtout peu onéreux dont le prix était deux fois moins élevé que celui de son homologue anglais. Grâce à son gréement simplifié, la Flûte hollandaise, d’un tonnage utile de 200 à 500 tonneaux, n’exigeait qu’un équipage réduit de neuf ou dix marins.

La première flûte (Fluit en Hollandais) aurait été construite en 1595. Navire aux formes trapues, capable d’affronter les mers les plus dures, il avait un faible tirant d’eau, conçue au départ pour sortir des ports néerlandais où les hauts-fonds sableux sont nombreux. C’était un navire rond, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière pour avoir une capacité de charge maximale ; sa longueur variait de 30 à 40 mètres. C’était un bateau adapté à la navigation en Loire.

J.RENE

Sources :
Une histoire mondiale du vin – Hugh Johnson
Des Hollandais en Anjou – Viviane Masse (revue 303, n° 79)
Mathilde Chollet – Chalonnes à travers les âges (page 31).


P.S. Dans ce texte je ne parle pas de l’endroit où se trouvait le comptoir car je manque de preuves. Mais il est probable qu’il se trouvait près de l’embouchure du Layon, au port des Malpavés, dans le bâtiment appelé autrefois « la Croix Blanche », bâtiment où Frémy avait ses bureaux et sa fabrique de liqueurs. Concernant le bateau Hollandais « La Flute », il en existe des gravures sur internet, mais je n’ai pas pu les extraire du texte. Ce bateau avait un fond plat avec une fausse quille, ce qui fait qu’il était apte à naviguer en loire.

J.RENE

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